Bibliographie communs et ESS

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vers biblio classée par dates de parution : ce type de classement  peut faciliter le repérages d’auteurs et de problématiques ayant jalonné l’Histoire. « Quand l’Histoire fait dates » est l’approche privilégiée de l’historien Patrick Boucheron : « renouant avec l’élan d’une historiographie de grand vent […] L’entrée par les dates permet d’évoquer des proximités pour les déplacer, ou au contraire de domestiquer d’apparentes incongruités […] de susciter le désir et l’inquiétude, ces deux moteurs du voyage ». [Histoire mondiale de la France | Seuil | 2017]

Faire des propositions de lecture ? voir formulaire en fin de page. Indiquer : titre et sous-titre / auteur / éditeur / date de parution / éventuellement lien internet.

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  • Aigrain Philippe, Cause commune : L’information entre bien commun et propriété | éd. Fayard /2005
  • Alix Nicole (et al.) Vers une République des communs ? | éd. L.L.L. / 2018
  • Alphandéry Claude (coordination) “50 propositions pour changer de cap” | Le Labo de l’ESS / déc. 2009
  • Ambrosi Alain, Sultan Frédéric, “Entretien avec Alba Hierro à propos de Pam a Pam en Catalogne” Remix biens communs / 28 juin 2017
  • Antonietti Thomas, “Consortages en Valais”| Vallesiana / 2012
  • Archambault Edith, “Perspective internationale sur le secteur sans but lucratif”| Revue Projet / 3 déc. 2000
  • Ariès Paul, Le Socialisme gourmand, le bien-vivre : un nouveau projet politique | éd. La Découverte / 2012
  • Aschieri Gérard, “Services publics et biens communs”| Hommes et libertés N° 176 / 2016
  • Audier Serge, Léon Bourgeois. Fonder la solidarité | éd. Michalon / 2007
  • AVISE, “SCIC et collectivités territoriales en 30 questions”| Les guides de l’Avise N° 3 / 2008
  • Banerjee Abhijit, Duflo Esther, Économie utile pour des temps difficiles | éd. du Seuil / 2020
  • Banque mondiale, “Gestion de l’eau en Bolivie : le conte des trois cités”| Précis N°222 / avr. 2002
  • Baranzini Roberto, Swaton Sophie, “L’économie sociale de Walras : reconstruction d’un syntagme trompeur” ADDES / 2013
  • Barbier Jean-Claude (dir.), Économie sociale et solidaire et État | éd. IGPDE / 2017
  • Barbut Monique, “Les Sols, un enjeu climatique majeur”| Alternatives économiques N°345 / Avr. 2015
  • Bard Christine, Bertin Georges (dir.), Figures de l’utopie hier et aujourd’hui | éd. PUR / 2014
  • Barraqué Bernard et al. “Eau : le rôle méconnu de Michel Rocard”| Développement durable et territoires Vol. 8 N°3 / Nov. 2017
  • Barthélémy Amandine (et al.) L’économie qu’on aime | éd. Rue de l’échiquier / 2013
  • Bauwens Michel, Kostakis Vasilis, Manifeste pour une véritable économie collaborative : vers une société des communs | éd. ECML / 2017
  • Bayon Denis, “Michel-Marie Derrion (1803-1850), pionnier coopératif”| Économie & Humanisme N° 354 / oct. 2000
  • Benoît Yann, Tanquerelle Hervé, La Communauté | éd. Futuropolis / 2010
  • Besançon Emmanuelle (et al.) L’innovation sociale. Principes et fondements d’un concept | L’Harmattan / 2013
  • Bollier David, La Renaissance des communs. Pour une société de coopération et de partage | éd. Charles Léopold Mayer / 2014
  • Beyerbach Cornélia, “Alpages et agropastoralisme en Tarentaise et Pays du Mont-Blanc”| Fondation Facim / 2012
  • Billaudeau Valérie, Moysan Patrice, “D’une coopérative de consommateurs (la SADEL) à une scop (Savoirs Plus) : la gouvernance au coeur de la démocratie”| ADDES / 2018
  • Blin Arnaud, Marín Gustavo, “Les communs et la gouvernance mondiale. Vers un contrat social mondial” Forum pour une nouvelle gouvernance mondiale / avril 2012
  • Bolze Sophie, “Marinaleda, un village en utopie”| documentaire produit par Tarmak-films / 2009 (DVD)
  • Borrits Benoît, Au-delà de la propriété : pour une économie des communs | éd. La Découverte / 2018
    • Coopératives contre capitalisme | éd. Syllepse / 2015
    • “L’économie des communs s’inscrit dans une société de liberté”| Le Média-presse / 15 juin 2018
  • Boucheron Patrick, Conjurer la peur, Sienne 1338. Essai sur la force politique des images | éd. du Seuil / 2013
  • Boucle (la) Verte, “La désillusion d’une start-up de l’économie circulaire”| rapport  / 2 mai 2020
  • Bourdieu Pierre (dir.), La misère du monde | Seuil
    • La Distinction. Critique sociale du jugement | éd. de Minuit / 1979
  • Boutillier Sophie, Allemand Sylvain (dir.), Économie sociale et solidaire. Nouvelles trajectoires d’innovations l’Harmattan / 2010
  • Bové José, Luneau Gilles, L’Alimentation en otage | éd. Autrement / 2015
  • Bredif Hervé (et al.), Facilitations stratégiques. Refonder l’action en commun dans les organisations et les territoires | éd. Presses Universitaires Du Septen-Trion / 2019
  • Briand Michel, “Libres, durables et solidaires dans l’appropriation du numérique à Brest”| Multitudes N°52 / 2013
    • “Gouvernance contributive, réseaux coopératifs locaux et communs”| Éthique publique N° 2 / 2015
  • Brondizio Eduardo, Ostrom Elinor, Young Oran, “Connectivité et gouvernance des systèmes socio-écologiques multiniveaux : le rôle du capital social”| Management-et-Avenir N°65 / 2013
  • Burgy Raymond, Piaget Charles, “L’aventure des coopératives LIP”| rapport / 2007
  • Cahiers (les) d’espérance, “Pour une autre économie”| rapport / 2011
  • Calame Pierre, “Rio+20 : faillite des diplomaties, faiblesse des démocraties”| Portail Rio+20 / 28 août 2012
  • Calmé Nathalie, Économie fraternelle et finance éthique. L’expérience de La NEF | éd. Yves Michel / 2012
  • Camus Albert, Le Mythe de Sisyphe | éd. Gallimard / 1942
  • Canfin Pascal, “Climat, le nerf de la paix”| Alternatives économiques / 16 nov. 2015
  • Carrier Nicolas, “Les communautés montagnardes et la justice dans les Alpes du nord-occidental à la fin du Moyen Âge”| Cahiers de recherche médiévales  / 2003
  • Cary Paul, Laville Jean-Louis, “L’économie solidaire : entre transformations institutionnelles et chantiers théoriques”| Revue Française de Socio-économie / 2015
  • Castel Odile, “La réciprocité au cœur de la structuration et du fonctionnement de l’Économie sociale et solidaire” Revue Française de Socio-Économie N°15 /  2015
  • Castoriadis Cornélius, Fait et à faire. Les carrefours du labyrinthe V | Seuil / 1997
    • Pouvoir, politique, autonomie. Les carrefours du labyrinthe III | Seuil / 1990
    • Domaines de l’homme. Les carrefours du labyrinthe II | Seuil / 1986
  • Cedias-musée social, “120 ans au service de l’économie sociale”| note / 2015
  • Chaudy Michel. Faire des hommes libres : Boimondau et les Communautés de travail à Valence, 1941-1982 éd. Repas / 2008
    • “La place de la Communauté de Travail Marcel Barbu dans le maquis du Vercors” | note / 2009
  • Chenal René, Le Versant du soleil : un nouvel art d’aménager | éd. Académie de la Val d’Isère / 1991
  • Clerc Denis, Déchiffrer l’économie | éd. La Découverte, 19e édition / 2020
  • CNCRES “Panorama de l’économie sociale et solidaire en France”| rapport / 2015
  • Collectif, Manifeste convivialiste. Déclaration d’interdépendance | éd. Le Bord de l’eau / 2013
  • Collectif, “Déclaration universelle des Droits de la Terre Mère”| Cochabamba / 2010
  • Conseil économique et social, “La maîtrise foncière, clé du développement rural : pour une nouvelle politique” rapporteur : Jean-Pierre Boisson / 2005
  • Cop25, “Convention Cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques”| rapport / 2019
  • Coriat Benjamin, “L’âge de l’anthropocène, c’est celui du retour aux biens communs”| Médiapart / 16 mai 2020
    • “La Crise de l’idéologie propriétaire et le retour des communs”| Contretemps / Mai 2010
    • (dir.), Le retour des communs : la crise de l’idéologie propriétaire | L.L.L./ 2015
  • Dardot Pierre, Laval Christian, Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle | éd. La Découverte / 2014
  • Defalvard Hervé, Fontaine Geneviève, “La place des pouvoirs publics dans les PTCE en tant que communs sociaux” 27e colloque ADDES / 2017
  • De Moor Tine, “Le moment est venu : les Biens Communs du passé au présent”| Green European Journal / 2016
  • Desroche Henri, Histoire d’économies sociales. D’un Tiers-État aux Tiers-secteurs (1791-1991) | éd. Syros / 1991
    • La Société festive. Du fouriérisme écrit aux fouriérismes pratiqués | Seuil / 1975
  • Derrion Michel-Marie, Constitution de l’industrie et organisation pacifique du commerce et du travail éd. Librairie Durval / 1834 (Gallica-BNF)
  • Draperi Jean-François, Henri Desroche. Espérer, coopérer, (s’)éduquer | éd. Presse de l’économie sociale / 2014
    • Comprendre l’économie sociale. Fondements et enjeux | éd. Dunod / 2014
    • L’économie sociale et solidaire : une réponse à la crise ? | éd. Dunod / 2011
    • Godin inventeur de l’économie sociale | éd. REPAS / 2008 (extraits)
    • Double qualité. L’économie sociale de A à Z”| Alternatives économiques / 2006
    • “L’entrepreneuriat social : du marché public au public marché”| Recma / 2012
    • En quête du commun”| Recma N° 345 / 2017
  • Duflo Esther (et al.) “L’autre économie. Toutes les pistes pour change le monde”| Le Nouvel Observateur / 2014
  • Duparc Pierre, “Les tenures en hébergement et en abergement”| Bibliothèque de l’école des chartres / 1964
  • Dumez Yannick, “Les tanneurs ont la peau dure” | documentaire produit par le Moulin à Images / 2009 (DVD)
  • Earth Charter, “Charte de la Terre”/ 2000
  • Enacting the commons, “Le bouillonnement de communs barcelonais – interview des voyageurs”| À propos / 2019
  • Espaces et sociétés, Biens communs et territoires | revue N° 175, éd. ERES, sommaire / 2018
  • Eynaud Philippe, Laurent Adrien, “Articuler communs et économie solidaire : une question de gouvernance ?” Recma  / 2017
  • Favier Christian, Vers une gestion coopérative de l’eau, préface | éd. Fond. Gabriel Péri / 2014
  • Ferraton Cyrille, Vallade Delphine, Les communs, un nouveau regard sur l’économie sociale et solidaire ? éd. PUM / 2019
  • Ferreira Nathalie, “Crédit et monnaie sociale chez P.J. Proudhon (1809-1865)”| Revue de philosophie économique 2011
  • Festa Daniela (et al.) ”Les communs”| Géoconfluences / 2018
  • Flahault Erika (et al.) L’économie sociale et solidaire : nouvelles pratiques et dynamiques territoriales | éd. PUR / 2011
  • Fonda, “Faire ensemble 2020”| compte-rendu / 2016
  • Fondation du Crédit coopératif, “Charles Gide penseur de l’économie sociale”| note / 2008
  • Fontaine Geneviève, Les communs de capabilités : une analyse des Pôles Territoriaux de Coopération Économique à partir du croisement des approches d’Ostrom et de Sen  | Thèse Université Paris-Est / 2019
  • Fourel Christophe (dir.) André Gorz, un penseur pour le XXIe siècle | éd. La Découverte / 2009
  • Fourier Charles, Le nouveau monde industriel et sociétaire | éd. Bossange-père / 1829 [Gallica-BNF)
  • Fraisse Laurent (et al.) “Pôles territoriaux de coopération économique. Premier panorama des démarches de Recherche et Développement”| Le Labo de l’ESS / 2017
  • Francoual Pierre, “La part sociale coopérative, un exemple de propriété commune”| Recma N° 345 / 2017
  • Frémeaux Philippe, La Nouvelle alternative ? Enquête sur l’économie sociale et solidaire | éd. des Petits Matins/ 2011
    • “Les économistes interrogent l’économie sociale et solidaire”| note de synthèse Alternative économique / janvier 2013
  • Frémeaux Philippe, Vindt Gérard, “Alternatives Économiques : deux décennies passées en revue” Alternatives économiques n° 186 / nov. 2000
  • Ghika Grégoire, “Les statuts de la commune de Zinal en 1571”| Annales valaisannes / 1954
  • Gide Charles, Principes d’économie politique | éd. Librairie du Recueil Sirey / 1931 [Université du Québec]
  • “Pourquoi les économistes n’aiment pas le coopératisme”| revue des études coopératives N° 1 déc. 1921 (Gallica BNF)
  • Godin Jean-Baptiste. La richesse au service du peuple le Familistère de Guise | 1875. (numérisé Google)
    • Mutualité nationale contre la misère | éd. Guillaumin & Cie / 1883 (Gallica BNF)
    • Mutualité sociale et association du capital et du travail | éd. Guillaumin & Cie / 1880 (Gallica BNF)
    • Solutions sociales | éd. Guillaumin & Cie / 1871 (Gallica BNF)
  • Gorz André, Adieux au prolétariat. Au-delà du socialisme | éd. Galilée / 1980
  • Goueythieu Jean-Pierre, “La gouvernance des Biens communs au service du Bien commun”| CREG-Versailles / 2019
  • Goujon Lionel, Prié Gwenaël, Les Voyageurs de l’eau | éd. Dunod / 2010
  • Gourot Jean, “La communauté Boimondau”| revue Esprit / avril 1951
  • GRAP et GESS “Entreprise démocratique et collective”| rapport / déc. 2014
  • Greniers (les) d’Abondance, “Vers la résilience alimentaire. Faire face aux menaces globales à l’échelle territoriale” | projet / 2020
  • Guillaume Chantal, “Ambiance bois, l’entreprise autrement”| Cahiers Charles Fourier N° 18 / déc. 2007
  • Guttal Shalmali, “Le droit aux (biens) communs”| Mouvement mondial pour les forêts tropicales / 2017
  • Hardin Garrett, “La Tragédie des communs”| revue Science / 1968
  • Hardy Jean-Pierre, “De l’économie sociale à l’économie sociale et solidaire en passant par l’économie alternative et solidaire…” | note / juin 2012
  • Hemmungs-Wirtén Eva, “Passé et présent des biens communs. De l’utilisation des terres au partage d’informations” La Vie des Idées / 17 sept. 2013
  • Hermelin Jules, “10 000 Amérindiens ont lancé une vaste opération d’occupation des terres”| Bastamag 29 avr. 2015
  • Hess Charlotte, “Inscrire les communs de la connaissance dans les priorités de recherche”| Vecam / 2011
  • Holyoake George Jacob, Histoire des équitables pionniers de Rochdale | 1890 / éd. du Commun
  • Huet Jean, Vers une gestion coopérative de l’eau. L’utilisation des SCIC | éd. Fond. Gabriel Péri / 2014
  • Isaurralde Magdalena, “L’approche comportementale de l’action collective chez Elinor Ostrom : quels prolongements pour l’économie sociale et solidaire ?”| Revue Française de Socio-Économie N° 15 / 2015
  • Israël Dan, “Accaparement des terres : nouvelle action contre Bolloré”| Médiapart / 25 avril 2015
  • Jégouzo Yves, “Le Droit et la gestion de l’eau en France. Organisation administrative et conciliation des usages” rapport / 2013
  • Jourdain Édouard, Proudhon contemporain | CNRS éditions / 2018
    • “La part anarchiste des communs”| revue Ballast / 17 janv. 2020
  • Kaminski Philippe, “Les associations en France et leur contribution au PIB”| ADDES / 2006
  • Kebir Leïla (et al.) “Biens communs et territoires. Éditorial”| revue Espaces et sociétés N° 175 / 2018
  • Kerneur Ron, Ferret David, “L’expérience Cecosesola”| documentaire Tropos films / 2014  (DVD)
  • Koné Massa, “L’accaparement des terres sévit au Mali”| Reporterre / 5 déc. 2013
  • Lafore Robert (dir.), Refonder les solidarités. Les associations au cœur de la protection sociale | Dunod / 2016
  • Lanciano Émilie (et al.) “Qu’est-ce qu’une entreprise démocratique et collective ? Enquête sur les pratiques de démocratisation de la SCIC GRAP”| Journées de recherche du GESS / 2014
  • Lasida Elena, “Des biens communs au Bien commun. Un lecture économique de la pensée sociale de l’Église”| revue Transversalités N° 131 / 2014
  • Lasne Laurent, “Un siècle de coopération 1900-2000”| revue Participer N°582 / Déc.2000-janv.2001
  • Latapie Pauline, “Détermination des freins et leviers  au développement des abattoirs de proximité en SCIC” AgroParisTech / 17 sept. 2015
  • Lavaud Pauline, “Cochabamba : de la guerre de l’eau à la Conférence alternative sur le climat” Fondation France Libertés-CADTM / 23 avr. 2010
  • Laville Jean-Louis, Action publique et économie solidaire | éd. ERES / 2005
    • “La gestion dans l’économie sociale et solidaire : propositions théoriques et méthodologiques” in De Boeck Supérieur “Méthodes & Recherches”/ 2012
    • “Avec Mauss et Polanyi, vers une théorie de l’économie plurielle”| Revue du MAUSS N°21 / 2003
  • Le Crosnier Hervé, En communs. Une introduction aux communs de la connaissance | éd. C&F / 2015 (extraits)
    • “Le Prix Nobel à Elinor Ostrom : une bonne nouvelle pour la théorie des biens communs” revue Vacarme N°56 / 2011
  • Ledoux Laurent, “Le retour du communs, réalité ou utopie ?”| Philosophie & Management N°206 / 2016
  • Lefebvre-Chombart Amélie, Robert Pierre, “Les communs, un renouvellement démocratique des gouvernances ? Étude de cas dans les Hauts-de-France”| ADDES / 9 oct. 2018
    • “Les communs sociaux : une contribution théorique et empirique à partir d’une enquête dans les Hauts-de-France”| ChairESS des Hauts de France / 2017
  • Le Labo de l’ESS, “Les Pôles Territoriaux de Coopération Économique (PTCE)”| publication / 2014
  • Le Strat Anne, Une Victoire face aux multinationales. Ma bataille pour l’eau de Paris | éd. Les Petits Matins / 2015
  • Lévêque Aurélien, Vink Luba, “Changement de propriétaire”| documentaire produit Cellulo Prod / 2015 (DVD)
  • Lion Charlotte, Rospabé Sandrine, “Quelle gouvernance démocratique au sein des coopératives d’activités et d’emplois : le cas de Coodémarrage”| ADDES / 2018
  • Lipietz Alain. Pour le Tiers-secteur. L’économie sociale et solidaire pourquoi et comment ? | éd. la Découverte / 2001
    • “Opportunité d’un nouveau type de société à vocation sociale”| rapport au ministère de l’emploi et de la solidarité / Sept. 2000
  • Lobina Emanuele et autres, Eau publique, eau d’avenir. L’expérience mondiale de la remunicipalisation éd. Transnational Institute / 2015
  • Locher Fabien (dir.) La Nature en commun. Ressources, environnement et communautés | éd. Champ Vallon / 2020
  • Loi n° 2014-856 du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire
  • Loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l’accès au logement et un urbanisme rénové
  • Loi n° 2013-312 du 15 avril 2013 visant à préparer la transition vers un système énergétique sobre et portant diverses dispositions sur la tarification de l’eau et sur les éoliennes, dite loi Brottes
  • Loi n° 47-1775 du 10 septembre 1947 portant statut de la coopération
  • Lynch Édouard, Harvois France, Le Beaufort, réinventer le fruit commun | éd. Libel / 2016
  • Manier Bénédicte, Un million de révolutions tranquilles | éd. L.L.L / 2012
  • Mangeot Véronique, Duflou Laurence, “La coopération, une étape ou un substitut au changement de taille ?” ADDES / janv. 2012
  • Manoury Lucile, “L’opportunité d’un nouveau type de société à vocation sociale : la Société Coopérative d’Intérêt Collectif”| RECMA N°281 / 2001
  • Manouvrier Solène, entretien avec Michel Bauwens, “Chaque fois qu’une civilisation est en crise, il y a un retour des communs”| revue Magazine / 2019
  • Mariétan Ignace, “Le consortage de Zinal”| Bulletin du Murithienne Sion / 1953
  • Maurel Lionel, “Les communs sources de nouveaux usages ?”| Calimaq / 2020
    • ”Accueillir les Non-Humains dans les Communs”| Calimaq / 2019
    • “Communs de la connaissance et enclosures”| La Vie des idées / 2015
  • Ministère de l’Agriculture, “Utilisation du territoire en France métropolitaine”| Agreste-primeur N°313 / Juin 2014
  • Ministère de l’économie, “L’évaluation de l’apport de l’économie sociale et solidaire”| rapport P. Frémeaux / 2013
  • More Thomas, L’Utopie (1516) traduction Victor Stouvenel / 1842 [Gallica-BNF]
  • Morin Edgar, Le Paradigme perdu, la Nature humaine | éd. du Seuil / 1973
    • “Éloge de la métamorphose”| Le Monde.fr / 9 janv. 2010
  • Mouthon Fabrice, La naissance des communs. Eaux, forêts, alpages dans les montagnes de Savoie | éd. Société Savoisienne d’Histoire et d’Archéologie / 2016
    • Le sourire de Prométhée. L’homme et la nature au Moyen-Âge | La Découverte / 2017
    • “Moines et paysans sur les alpages de Savoie (XIe-XIIIe siècles) : mythes et réalité”| Cahiers d’histoire 46-1 / 2001
    • “Aménagements de la montagne et gestion de l’eau dans les hautes vallée savoyardes. ( Maurienne et Tarentaise XIIIe-XIVe siècles)”| Histoire et Sociétés Rurales / 2019
  • Nicolas-le-Strat Pascal, Le travail du commun | éd. du Commun / 2016
  • Noguès Henri (et al.) L’Économie sociale et solidaire, nouvelles pratiques et dynamiques territoriales éd. PUR / 2011
  • Olivera Marcela, “L’eau : au-delà de l’État”| Forum alternatif mondial de l’eau / 2012
  • Olivia, “L’autogouvernance des biens communs d’après Elinor Ostrom“| Association pour l’autogestion / nov. 2011
  • ONU “Conférence des Nations-Unies sur l’environnement”| Manifeste / 1972
  • Ostrom Elinor, Gouvernance des biens communs. Pour une nouvelle approche des ressources naturelles | 1990 éd. De Boeck pour la traduction / 2010
    • Discours de Stockholm, en réception du Nobel d’économie| éd. C&F / 2020
  • Otero Mariana, “Entre nos mains” | documentaire Diaphana / 2009 (DVD)
  • Owen Robert, Le Livre du nouveau monde moral contenant le système social rationnel basé sur les lois de la nature humaine | Paulin éditeur / 1847 [Gallica-BNF]
  • Pape François, Encyclique Laudato si’ sur la sauvegarde de la maison commune | éd. du Vatican / 2015
  • Parance Béatrice, De-Saint-Victor Jacques, Repenser les biens communs | éd. CNRS / 2014
  • Paranque Bernard, “Propriété privée et action collective : de la coopération comme réappropriation du monde” Association d’économie sociale / juin 2013
  • Pays d’Aubagne et de l’Étoile, “Pour une agriculture durable”| Charte / 1992
  • Pflieger Géraldine, “Délimiter les biens communs planétaires. Une analyse historique de la spatialité et de la territorialité des océans, des fonds marins et de l’Antarctique”| CERISCOPE Environnement / 2014
  • Pichon Cécile, “Travailler dans l’économie sociale et solidaire : ce qu’il faut savoir”| Welcome to the jungle / 2019
  • Piolle Éric, “Changer de point de vue sur les Communs par la Participation citoyenne”| Green European Journal / 2016
  • Pisani Edgard, Un vieil homme et la terre | éd. du Seuil / 2004
  • Polanyi Karl, La Subsistance de l’homme | Flammarion (2011) / 1977
  • Porte Sébastien, “Avec les Jardins partagés, Paris part en campagne”| Télérama / 2 mai 2015
  • Pouch Thierry, “L’appropriation des terres agricoles, nouvelle étape de la mondialisation”| Alternatives économiques 1er mai 2018
  • Proudhon Pierre-Joseph, Qu’est-ce que la propriété ? Recherche sur le principe du droit et du gouvernement éd. Garnier / 1840 [Wikisource]
  • Querrien Max, “La propriété du sol, une aberration”| Manière de voir-Le Monde diplomatique N°114 / déc. 2010
  • Rabhi Pierre, Vers la sobriété heureuse | éd. Actes Sud / 2010
  • Rey Alain, La Guerre des communs, in Libres savoirs. Les biens communs de la connaissance | éd. C&F/ 2011
  • Ricoeur Paul, L’idéologie et l’utopie | éd. du Seuil / 1997
  • Rocard Michel, “Le prix Nobel pour l’autogestion”| Libération / 20 oct. 2009
  • Rochfeld Judith et autres, Dictionnaire des biens communs | éd. PUF / 2017
  • Rosanvallon Pierre, Le Bon gouvernement | éd. du Seuil / 2015
  • Saravia Sophia, “Les communs, un vecteur de changement social ?”| La Pause philo / janv. 2020
  • Sauvêtre Pierre, “Le Commun contre l’État néolibéral”| La Vie des Idées / nov. 2014
  • Schieb-Bienfait Nathalie (et al.) “Émergence entrepreneuriale et innovation sociale dans l’économie sociale et solidaire : acteurs, projets et logiques d’action”| Innovations N°30 / 2009
  • Sol et civilisations, “La gestion en commun, une voie pour dépasser nos crises environnementales territoriales ?” rapport / 2019
  • Spitz Jean-Fabien, “Donner à voir le gouvernement libre ?”| La Vie des idées / 2013
  • Sultan Frédéric, “Manifeste pour les biens communs”| RITIMO-VECAM / fév. 2011
  • Terre de liens, “Communes, intercommunalités, comment préserver les terres agricoles ?”| Fondation / 2014
    • “Agir sur le foncier agricole, un rôle essentiel pour les collectivités locales”| Fondation / 2015
  • Thomé Pierre, (Biens) communs, quel avenir ? Un enjeu stratégique pour l’économie sociale et solidaire éd. Yves Michel / 2016
    • Créateurs d’utopies. Démocratie, autogestion, économie sociale et solidaire | éd. Yves Michel / 2012
    • “Quand Emmanuel Macron s’empare des biens communs”| blog / janvier 2018
    • “Communs et ESS peuvent-ils faire système ?”| blog / mars 2017
    • “Le bien commun ou les biens communs ?”| blog / déc. 2014
    • “Le Fruit commun du Versant du soleil, un goût de Beaufort”| blog / déc. 2014
    • “Biens communs et économie sociale et solidaire. L’exploration des possibles”| blog / fév. 2014
    • “Des consortages aux communs en Pays alpin »| blog / 2020
  • Tiberghien Frédéric, “Les Frontières de l’économie sociale se sont-elles déplacées?”| 23e Colloque ADDES / 9 nov. 2010
  • Vanuxem Sarah, La propriété de la terre | éd. Wildproject / 2018
  • Vecam (coordination), Libres savoirs : les biens communs de la connaissance. Produire collectivement, partager et diffuser les connaissances au XXIe siècle | éd. C&F / 2011
  • Verhoeven Johan, Wustefeld Edith, “Cecosesola ou l’autogestion totale” | Le monde libertaire / 2013
  • Via Campesina et GRAIN “Les lois semencières qui criminalisent les paysannes et les paysans”| rapport / 2015
  • Viallet Hélène, Les alpages et la vie d’une communauté montagnarde, Beaufort du Moyen-Âge au XVIIe siècle | éd. Académie salésienne / 1993
  • Weinstein Olivier,Comment comprendre les communs : Elinor Ostrom, la propriété et la nouvelle économie institutionnelle”| Revue de la régulation  / 2013
  • WWF “Planète vivante” / rapport / 2018
  • Zaoual Hassan, Développement durable des territoires : économie sociale, environnement et innovations | L’Harmattan / 2008

autres bibliographies : Cedias-musée social, « Un outil de recherche documentaire et de connaissance au service de l’ESS » / Geneviève Fontaine, « Les communs de capabilités : une analyse des Pôles territoriaux de Coopération Économique… » (thèse 2019) / Charlotte Hess, « Inscrire les Communs de la connaissance dans les priorités de recherche » (Vecam 2011)

 


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Communs et ESS peuvent-ils faire système ?

Les communs vont-ils soulever le monde ?

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texte téléchargeable

Des chercheurs en sciences humaines font remarquer que les périodes de grande incertitude, d’insécurité – et à l’évidence nous sommes dans une telle période – peuvent générer un recours intensif à l’hédonisme, ou à une demande accrue de politique autoritaire, voire tyrannique, hédonisme et pouvoir autoritaire pouvant d’ailleurs très bien être associés. Les grands médias en parlent abondamment, mais oublient le plus souvent l’existence d’une troisième voie, celle de la créativité sociale, dont nous regardons avec beaucoup de curiosité et d’intérêt les nombreuses réalisations. Toutefois, celles-ci conduisent-elles à un monde plus serein, paisible, équitable, pour ne pas dire enchanteur, en pensant que nécessairement “Demain il fera beau”[1] ? Rien n’est moins sûr… En effet, si ces “révolutions tranquilles”[2] démontrent empiriquement l’existence d’autres possibles dans de nombreux domaines dont ceux de la propriété foncière, de l’alimentation…, elles n’ont pas encore vraiment pu ou su suffisamment conceptualiser un récit politique mobilisateur et compréhensible par un large public. À l’évidence passer du local au global est complexe et la transition dont on parle beaucoup, gagnerait à être plus précise sur “le vers quoi” on veut aller. Ainsi, nous nous retrouvons dans une situation on ne peut plus paradoxale :

D’un côté le système néolibéral regroupant des intérêts particuliers considérés comme intérêt général, en s’appuyant sur une économie et une finance mondialisées définies de plus en plus par traités hors tout contrôle d’instances démocratiques. L’enclosure maximale des ressources en est l’une des conséquences, allant, par exemple, jusqu’à privatiser l’eau, ainsi envisagé par Peter Brabeck, ancien PDG de Nestlé, et réalisé à grande échelle par cette multinationale de l’alimentation : « Les ONG ont un avis extrême quant au problème de l’accès à l’eau. Elles souhaitent que l’accès à l’eau soit nationalisé, c’est-à-dire que tout le monde puisse avoir accès à l’eau. Mon point de vue n’est pas celui-ci. Il faut que l’eau soit considérée comme une denrée, et comme toute denrée alimentaire, qu’elle ait une valeur, un coût.[3] » Cette logique conduit, en fait, au maintien des grandes inégalités mondiales et locales et depuis au moins deux siècles si de nombreux mouvements sociaux ont permis la conquête de droits fondamentaux, en revanche ils n’ont pas ébranlé les fondements de ce système. Devons-nous alors reconnaître à cet ordre-là une telle capacité de résilience qu’il est en mesure de surmonter tous les désordres, y compris les guerres, et que l’on doit l’admettre de facto tout en le dénonçant et en cultivant notre jardin tel Candide ?

Mais d’un autre côté, dans le réel de la société civile, de nombreuses expérimentations de coopération, de solidarité, de fabrique de communs, révèlent d’autres modes de vie, d’autres manières de faire, sources d’un possible imaginaire social. Est-ce pour autant, même à l’état embryonnaire, l’amorce d’un autre système en mesure de vraiment s’opposer à l’actuel système dominant dont l’un des porte-parole, Warren Buffet, déclarait il y a dix ans : « Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner[4]. »

Les conditions d’un affrontement apparaissent alors tellement disproportionnées, qu’il y a de quoi douter de tout changement institutionnel important. En 1986 Cornélius Castoriadis écrivait : « La population s’enfonce dans la privatisation, abandonnant le domaine public aux oligarchies bureaucratiques, managériales et financières. […] Les gens croient fermement (et ne peuvent que croire) que la loi, les institutions de leur société, leur ont été données une fois pour toutes par quelqu’un d’autre : les esprits, les ancêtres, les dieux ou n’importe quoi d’autre, et qu’elles ne sont pas (et ne pouvaient pas) être leur propre œuvre.[5] », constat qui demeure terriblement d’actualité. Et si, comme il le suggère, la première chose à faire est bien de « s’interroger sur les fondements des lois et des institutions », on ne peut cependant pas, poursuit-il, « rester fascinés par ces interrogations, mais faire et instituer[6] » ; autrement dit, se réapproprier du pouvoir pour libérer de la créativité sociale dans « des espaces d’autonomie, d’auto-organisation et de coopération volontaire[7] » [André Gorz], là où apparaissent des communs.

Définition d’un commun :

En dissociant commun et bien, c’est déjà écarter l’idée qu’un bien commun serait une chose préexistante à considérer comme naturelle, par exemple l’eau définie comme un bien commun universel ; on peut certes le revendiquer mais sans pour autant admettre que cela va de soi, l’histoire et l’actualité sociale et politique se chargeant largement de le démontrer. C’est ensuite en faire un concept ainsi défini :

Un COMMUN est une construction sociale générée par un processus reliant :

  • un collectif agissant (avec pour règle de base le volontariat)
  • une ressource (matérielle ou immatérielle), statutairement en bien public ou privé
  • un ensemble de droits d’accès et de règles de bon usage et de gouvernance, co-définis par le collectif, éventuellement en partenariat avec les acteurs publics concernés.

Il peut être :

  • éphémère (actions d’alerte, de témoignage…), ces membres cherchant à le faire entrer le moins possible dans un cadre contraignant. “Nuit debout” et les Zones à défendre (ZAD) sont, me semble-t-il, des exemples-type de ces communs investissant un espace public ou privé (squat…) pour mettre en œuvre des pratiques alternatives qui provoquent les institutions gouvernantes et sensibilisent l’opinion sur des problématiques sociétales importantes[8];
  • ou institué par inscription dans un cadre économique, social, écologique avec un objectif de production de biens consommables ou de services. C’est cette deuxième approche que je privilégie dans le schéma qui suit :

schema_systeme_communs

Ce système complexe doit être considéré comme un tout, ce qui engage par exemple à ne pas isoler l’économie du social, de l’écologie, et par extension du logement, de la santé, de la formation, de la propriété, etc. La nature de ses éléments constitutifs est à situer dans : 1. le champ d’action : les ressources, 2. l’action dans un processus instituant, 3. la dimension statutaire, l’institué, 4. les interactions avec et entre les différents acteurs concernés répartis ici en trois sphères :

  • Les acteurs autonomes: citoyens qui s’interrogent et veulent interroger, non seulement par le dire mais aussi par le faire, les façons dont sont gouvernées, voire accaparées, les ressources. Autonomie par opposition à hétéronomie, C. Castoriadis la définit ainsi : « tension/contradiction entre d’un côté, la libération de la créativité sociale (cette libération étant une caractéristique centrale d’une démocratie véritable) et de l’autre, les dispositifs institutionnels et les dispositions anthropologiques “raisonnables” chargées de prévenir l’hubris, la démesure. »[9]

Le processus débute généralement avec ces acteurs réunis en collectifs qui, “conspirant” (dans son sens étymologique : respirer avec ou aspirer à), envisagent d’emprunter le chemin du FAIRE ensemble. C’est ainsi que naît un COMMUN, auquel peuvent parfois s’associer des acteurs publics (généralement des collectivités territoriales) concernés par la nature même de la ressource objet du commun (gestion de l’eau et de son assainissement, énergie renouvelable, agriculture périurbaine, forêts et pâturages communaux, espaces publics, etc.)

  • Les acteurs publics, en charge de la mise en œuvre de l’intérêt général (ou supposé tel) en réglementant (trop parfois ?) l’usage des ressources. L’approche quelque peu idéalisée de Pierre Rosanvallon d’un “bon gouvernement”[10], permet de se représenter ce que pourraient être des politiques publiques favorisant le développement d’espaces d’autonomie dans tous les domaines, multipliant ainsi les communs dans la gouvernance des ressources.
  • Les acteurs économiques privés: il semble nécessaire de distinguer ceux du grand Marché mondial recherchant surtout le développement de leur richesse en accaparant le maximum de ressources, et ceux de l’économie réelle, celle de bon nombre de PME (de 10 à 250 salariés) et TPE (moins de 10 salariés) sensibles au développement local et qui génèrent actuellement le plus d’emplois. Certaines de ces PME ou TPE peuvent se rapprocher de l’ESS (économie sociale et solidaire) si elles respectent les critères définis par la loi de juillet 2014[11], et intégrer des communs. Enfin les entreprises d’origine de l’ESS (associations, coopératives, mutuelles…), partie intégrante de ces acteurs économiques tout en étant positionnées légèrement en marge car pouvant avoir un rôle d’interpellation dans cette sphère du privé.

Les ressources, avec en premier lieu celles dont la vie dépend : l’eau, la terre (arable, forêts…), l’air, le soleil, sont ou devraient être au centre du système. Si les humains n’ont aucune influence directe sur l’astre solaire, sinon d’en modifier les effets par la pollution, en revanche leur rôle est prépondérant dans le bon ou mauvais usage de ces ressources. Se pose alors la question de leur gouvernance : qui en est détenteur, qui décide des règles de leur usage ?

Les ressources de la connaissance relèvent du même processus. On peut également l’élargir à des domaines, tels que le logement, la santé, l’éducation, la culture…, pouvant être à l’origine de nombreux communs : habitat coopératif, maison de santé, média, école alternative, etc. Ces ressources sont en droit :

  • Soit des biens publics, tels des pâturages communaux, nombreux dans les Alpes, avec droit d’usage (bail, convention, charte) concédé à des éleveurs rassemblés dans un commun (groupement pastoral par exemple) à charge pour eux de ne pas surexploiter l’herbage, de l’entretenir et éventuellement de payer une redevance.
  • Soit des biens privés : par exemple les actuels 11 000 sociétaires constitutifs du commun “Terre de liens” sont, de fait, copropriétaires du foncier agricole acquis par la Foncière Terre de liens, celui-ci étant loué (baux de carrière) en fermage à des agriculteurs produisant en bio ; toute spéculation foncière est exclue statutairement.

Ces communs, surtout si une production de biens marchands est prévue, s’inscrivent dans un cadre législatif adapté à leur objet, le cadre de l’ESS étant le plus souvent utilisé avec ses différentes possibilités : association, coopérative, dont la Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) qui favorise un multi sociétariat avec un fonctionnement collégial. Cette proximité institutionnelle avec l’ESS va bien au-delà de sa dimension statutaire, en effet les acteurs des communs en partagent volontiers les fondements essentiels : but poursuivi autre que la seule distribution de bénéfices ; gouvernance démocratique ; développement de l’activité et création d’emplois ; circuits courts rapprochant producteurs et consommateurs ; juste prix ; protection de l’environnement…

Enfin, le fruit commun est le résultat de la production et de sa vente ; sa répartition, outre les charges habituelles d’une entreprise, pose généralement la question de l’échelle des salaires et de l’utilisation des bénéfices hors réserve impartageable. Il est amené à entrer en concurrence avec d’autres producteurs, ainsi les neuf Scic “Enercoop”, fournisseurs d’énergie renouvelable, sont des concurrents directs d’EDF…

La jonction communs/ESS laisse entrevoir un ensemble qui pourrait faire système ; c’est une ébauche car de nombreux paramètres restent à approfondir et à vérifier, en particulier à propos des interactions entre les différents éléments constitutifs. Cependant, si l’on valide l’hypothèse que ce système existe à l’état embryonnaire, serait-il à terme en mesure de faire de l’ombre au système néolibéral aux conséquences bien connues ? Pour ”Demain” (film de Cyril Dion et Mélanie Laurent), le chemin, à supposer qu’il y en ait un, risque d’être encore très long et accidenté. Plusieurs indicateurs invitent à une relative prudence. En effet, que représentent les actuels 3 000 hectares de terre arable propriétés de Terre de liens (sur 29 millions d’hectares de surface agricole utile en France) ? Les actuels 35 000 clients Enercoop (sur 28 millions d’abonnés EDF) ? Le chiffre d’affaires 2015 de la chaîne des magasins Biocoop ou du GRAP (Groupement régional alimentaire de proximité) en région lyonnaise…, comparativement à celui de la grande distribution alimentaire avec ses rayons bio de plus en plus importants (Biocoop = 768 millions d’euros, avec une progression de 16% ; Carrefour = 86 milliards d’euros, avec une progression de 5%) ? Pas grand-chose en statistiques, mais beaucoup par la démonstration empirique d’autres possibles.

Par ailleurs, l’existence de communs, tels que définis ici, dépend de l’initiative de collectifs de citoyens volontaires et d’élus locaux. Malgré leur multiplication, les personnes impliquées constituent de très petites minorités dans le monde, peut-être 1 % de la population mondiale, avec un poids économique, politique et médiatique insignifiant par rapport à celui du 1 % des plus riches. Il est donc difficile que demain, qui sera peut-être un après-demain, devienne réalité, et ce d’autant plus si l’on se réfère aux enseignements de l’histoire sociale des deux siècles qui nous précédent : les libertaires du XIXe à l’origine de la multiplication des mutuelles, associations ouvrières, banques populaires, mais la “révolution à petits feux” prônée par Pierre-Joseph Proudhon n’a pas provoqué l’embrasement souhaité, sinon la Commune de Paris mais vite réprimée ; en 1918, les Conseils ouvriers allemands (Rosa Luxemburg) ont été rapidement interdits et l’on sait ce qu’il est advenu des soviets de l’ex URSS. Plus loin dans le temps, le courant du socialisme autogestionnaire, apparu après mai-68 et actif dans de nombreux mouvements sociaux de grande envergure, a été confronté en 1981 à la réalité de la gouvernance du pays soumise, déjà, aux injonctions de la mondialisation financière et a disparu peu à peu de la scène politique… Et chaque fois l’ordre dominant l’a emporté, non sans violence. Le XXIe siècle fera-t-il mieux ? Comment pourrait-il se libérer de lois économiques édictées par les dominants et décidées hors tout contrôle démocratique (traité transatlantique et autres) ? Est-il en mesure d’orienter l’Histoire autrement vers un “nouveau monde” ?

Malgré la situation paradoxale dans laquelle on se trouve, il y a matière à espérer tant les pratiques alternatives sont florissantes…, mais il se peut que l’on cherche encore les bons mots pour le dire : « On ne changera pas le monde avec des mots, mais on peut au moins choisir ceux qui diront et accompagneront les changements nécessaires » [Alain Rey[12]].


Notes

  1. Kaporal Wisdom. Demain il fera beau. 2015 YouTube www.youtube.com/watch?v=Thmkx9UPetI
  2. Manier Bénédicte. Un million de révolutions tranquilles. Paris : 2012, Les Liens qui Libèrent
  3. Brabeck Peter. Interview dans “We Feed the World” (‘’Le marché de la faim’’). 2005, documentaire d’Erwin Wagenhofer et Jean Ziegler
  4. Buffet Warren. Interview dans le New York Times le 26/11/2006
  5. Castoriadis Cornélius. Domaines de l’homme. Les carrefours du labyrinthe II. Paris : 1986, Seuil
  6. Castoriadis Cornélius. Fait et à faire. Les carrefours du labyrinthe V. Paris : 1997, Seuil
  7. Gorz André. Adieux au prolétariat : au-delà du socialisme. Paris : 1980, éd. Galilée
  8. Thomé Pierre, « Quand le Gouvernement et le Parti socialiste s’embourbent à Notre-Dame-des-Landes » nov. 2012.
  9. Castoriadis Cornélius. Fait et à faire. Les carrefours du labyrinthe V. Paris : 1997, Seuil
  10. Rosanvallon Pierre. Le Bon gouvernement. Paris : 2015, Seuil. « Des aspirations et des réflexions s’expriment aujourd’hui dans de nombreux secteurs de la société civile et dans le monde militant […] en distinguant les qualités requises des gouvernants et les règles organisatrices de la relation entre gouvernés et gouvernants. Réunies, celles-ci forment les principes d’une démocratie d’exercice comme bon gouvernement »
  11. Loi sur l’Économie Sociale et Solidaire du 31 juillet 2014 : « la loi économie sociale et solidaire encourage un changement d’échelle de l’économie sociale et solidaire, fonde une stratégie de croissance plus robuste, donne aux salariés le pouvoir d’agir et soutient le développement durable local. »
  12. Rey Alain. La Guerre des communs. Dans Libres savoirs. Les biens communs de la connaissance. Association Vecam, 2011, G&F éditions

Voir également


Vers bibliographie “communs et économie sociale et solidaire”


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